Etape 15 > Gap > L'Alpe d'Huez

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Revoila enfin la montagne!!
Victoire de Frank Schleck

On savait Frank Schleck taillé pour les classiques ardennaises. On l'a découvert en grimpeur mardi sur les redoutables pentes de l'Alpe d'Huez, où il s'est magistralement imposé. Le Luxembourgeois n'en finit plus de se découvrir des talents. A 26 ans, ses limites restent insoupçonnées.

"C"est
fou de gagner à l"Alpe d"Huez. Je ne pouvais pas le croire avant d"avoir franchi la ligne. J"ai besoin d"un peu de temps pour réaliser." Il est comme ça, Frank Schleck. Il faut parfois le convaincre de ce qu'il ne veut pas croire. Ce n'est pas la confiance en lui qui l'étouffe. Le talent, si, en revanche. Le Luxembourgeois en a à revendre. 2006 est son année. Trois mois après sa victoire dans l'Amstel Gold Race, le premier grand succès de sa carrière, il a apposé son nom aux côtés de Coppi, Hinault, Pantani, Armstrong et quelques autres au palmarès de l'Alpe d'Huez.

Une
consécration qui en appelle d'autres pour ce beau bébé (1,86m) de 26 ans, dont la marge de progression, importante, autorise les plus grandes espérances pour l'avenir. Chez CSC, certains l'imaginent en futur maillot jaune à Paris. C'est le cas de son coéquipier Bobby Julich. "Je ne sais pas, répond-il, un peu gêné. Pour le moment, j'ai gagné une étape. Au-delà, je ne sais pas jusqu'où je suis capable d'aller. Peut-être gagnerai-je un jour le Tour mais, pour l'instant, je suis totalement incapable de répondre à cette question."

"J'ai toujours un peu peur d'attaquer"

Toujo
urs cette réserve. Elle est finalement à son honneur, à condition qu'il sache s'en affranchir en course. De son propre aveu, ce n'est pas toujours le cas. Il a ainsi dû se faire violence pour décramponner Damiano Cunego dans l'Alpe d'Huez mardi, alors qu'il était manifestement beaucoup plus à son affaire que l'Italien. "C'est vrai, j'ai toujours un peu peur d'attaquer, concède-t-il. J'hésite toujours trop. Là, je me suis dit qu'il fallait essayer, ne pas arriver au sprint avec Cunego. J'ai essayé car les occasions de gagner à l'Alpe d'Huez ne se présentent pas souvent dans une carrière."

L
e jeu en valait effectivement la chandelle. Schleck savoure d'autant plus qu'il a connu pas mal de galères cette saison. Une chute sur le Tour du Pays basque, au printemps, Puis une autre, une semaine avant le début du Tour, la veille du Championnat du Luxembourg. "J'ai eu le nez et deux dents cassés, raconte-t-il. On m'a posé douze points de suture au menton, je n'ai pas pu m'entraîner pendant cinq jours, je suis resté sans m'alimenter pendant quatre jours et mon début de Tour a été difficil e". Il ne peut s'empêcher d'arborer un petit sourire en narrant ses malheurs.

De
toute façon, le fils ainé de Johnny Schleck (son jeune frère, Andy, est également pro chez CSC), ancien coéquipier du grand Luis Ocana, a appris à relativiser. Une distance qu'il doit à un début de carrière chaotique. Passé pro chez De Nardi à 20 ans, il a ensuite galéré pendant deux années, en Elite 2, au sein de l'UC Châteauroux, sans qu'aucune formation de haut niveau ne fasse appel à lui. Difficile à imaginer quand on voit ses résultats aujourd'hui. Finalement, c'est Marcel Gilles qui lui obtient une place au sein du Team CSC, où le Luxembourgeois va enfin franchir un cap, et même plusieurs.

Il apprend vite

Au
fond de lui, le protégé de Bjarne Riis garde une petite rancoeur contre ces équipes françaises qui n'ont pas su, ou pas voulu, lui ouvrir les bras. Il n'avait d'ailleurs pas manqué de les tancer au soir de sa victoire à Valkenburg, comme pour les placer face à leur propre échec, alors que sa réussite éclatait au grand jour. "J'ai vraiment vécu une période délicate, je me demandais même si ça valait le coup de continuer puisque je n'avais pas de perspectives. Je ne trouvais pas d'équipe et seul Bjarne Riis m'a fait confiance. CSC m'a donné ma chance, m'a laissé le temps de grandir, le temps de devenir le coureur que je suis."

L'anci
en vainqueur du Tour n'a peut-être pas que des qualités, mais il sait incontestablement donner du temps à ses jeunes. En 2004 et 2005, il est tranquillement monté en puissance, multipliant les places d'honneur, tournant autour de sa première grande victoire. Schleck apprend plutôt vite, et plutôt bien. Paradoxalement, l'exclusion d'Ivan Basso n'aura pas eu que des effets négatifs pour la CSC. Elle a permis l'émancipation d'un sacré talent, dont le moteur serait forcément resté bridé s'il avait dû bosser pendant trois semaines pour son leader, comme cela aurait dû être le cas. Chez CSC, le malheur du numéro un précipite le bonheur d'un autre...
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# Posté le mardi 18 juillet 2006 14:51

La chute spectaculaire

La chute spectaculaire
Au détour d'un virage gravillonné, arrivé trop vite, Rik Verbrugghe, Matthias Kessler et David Canada se sont retrouvés au tapis. Un triple choc d'une violence inouïe, tant au niveau sonore que visuel. Des trois, seul Kessler fut en mesure de repartir. Choqué, l'Allemand a terminé à 12 minutes du vainqueur à Gap. Canada, touc à la clavicule, s'est ar. Le plus salement touc était Verbrugghe. Passé par-dessus la glissre de sécurité, tout comme Kessler d'ailleurs, le Belge gisait dans des ronces. Evacué au bout de plusieurs minutes, il souffrirait d'une fracture du fémur.

# Posté le lundi 17 juillet 2006 06:19

Modifié le lundi 17 juillet 2006 06:46

Fédrigo: "On était venu pour ça"

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Fédrigo: "On était venu pour ça"

Pierrick Fédrigo avait signé la première victoire de l'histiore de l'équipe Bouygues Telecom en 2005. Comme un symbole, c'est à nouveau lui qui a ouvert le compteur de la formation vendéenne sur le Tour, dimanche, à Gap. Le Marmandais revient sur cette grande première, acquise en vieux briscard.

PIERRICK FEDRIGO, Dans quel état d'esprit étiez-vous au départ ?

P
.F : On était venu sur ce Tour de France pour gagner une étape, dans la mesure où n'a pas de grand leader pour le classement général. Il fallait prendre les échappées pour espérer aller au bout. C'est parti très vite, dès le kilomètre zéro. Ensuite, il y a eu des contres. J'y suis allé. Ces derniers jours, on ratait les échappées qui réussissaient. On se disait que certains, peut-être, roulaient sur nous, ne voulaient pas nous voir devant.

Le doute s'était installé?

P.F
: Disons qu'on commençait à se poser pas mal de questions dans l'équipe. Toute la première semaine, les coureurs de Bouygues Telecom sont allés dans les échappées et ça n'a pas souri. La deuxième semaine, nous ne sommes allés dans aucune échappée et nous avions à coeur de ne pas rater celle-ci. J'ai été le dernier à revenir sur le groupe de tête et après, c'est vrai, j'ai bien négocié le final. On était venu pour ça, gagner une étape, montrer le maillot. Maintenant, l'équipe va rester motivée jusqu'au bout. On a réussi notre Tour. C'est une victoire qui manquait au groupe.

Comment avez-vous évité la chute de Rik Verbrugghe ?

P
.F : Sa roue s'est bloquée, la route était inégale. Un peu comme la chute de Joseba Beloki (NDLR: Dans le Tour 2003 près de Gap). Au moment où a eu lieu la chute, j'ai senti le vélo de Verbrugghe me toucher l'épaule, je l'ai vu tomber mais j'ai réussi à garder l'équilibre. Par chance, je ne suis pas tombé. Finalement, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Bien sûr, c'est malheureux pour les coureurs qui sont tombés. Après, on s'est retrouvé à trois dans le final. Cela a été plus beaucoup plus difficile à gérer. En fait quand cela s'est passé, je n'ai pas vraiment fait de calcul. On n'a pas le temps de se poser de question, on pense simplement à l'effort qui reste à fournir. C'est la course...

Comment avez-vous géré la menace Commesso et celle du peloton, qui revenait derrière vous?

P.
F : La dernière montée n'était pas assez dure pour pouvoir sortir Salvatore Commesso. J'ai pourtant essayé d'attaquer pour le distancer. Quand je me suis retourné, j'ai vu que Mario Aerts avait décroché mais que lui était toujours là. Dans le final, je ne me suis jamais retourné, j'ai essayé de ne pas me poser trop de questions, de me concentrer sur l'arrivée, même si je savais que cela revenait vite derrière.

Racontez-nous le sprint final...

P.F : J'ai réussi à rester bien concentré dans le dernier kilomètre, je suis resté bloqué dans la roue de Commesso, sans paniquer, sans me retourner. Et cela a marché. Je me suis focalisé sur les 200 derniers mètres. Quand il a lancé le sprint aux 150 mètres, j'ai donné tout ce que j'avais pour le passer. J'ai réussi à être plus malin que lui. Cela change un peu de voir les Italiens se faire avoir! Il fallait la jouer au bluff, pour le dépasser au dernier moment.

Avez-vous pensé à la finale de la Coupe du monde dans ce final franco-italien ?

P.F
: J'ai ces origines italiennes, puisque j'ai des grands-parents italiens, qui sont décédés malheureusement. Mais, non, je n'ai pensé à la finale France-Italie.

A qui dédiez-vous cette victoire?

P.F :
A toute l'équipe et surtout à ma femme et à ma fille. Je sais qu'elles me regardent.

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Fédrigo: "On était venu pour ça"

# Posté le dimanche 16 juillet 2006 14:42

Jean-René Bernaudeau se livre...

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Jean-René Bernaudeau se livre sur la victoire de Pierrick Fédrigo, le premier succès de son équipe sur le Tour de France, et le premier pour le "Projet vendéen".

>>>DIMANCHE 16 JUILLET - GAP - JEAN-RENE BERNAUDEAU<<<


"C
'est un soulagement, parce que c'est la première fois qu'on gagne sur le Tour de France depuis sept ans. Ce sera peut être un déclic. Pour l'équipe, mais aussi pour Pierrick, un coureur au grand potentiel qui ne croit pas toujours en lui. Il finit aujourd'hui par avoir un gros palmarès: un titre de champion de France, les Quatre Jours de Dunkerque, et maintenant une étape du Tour. C'est pas mal. Cela doit lui donner une grande confiance pour l'avenir. C'est une double victoire, et même une triple: pour lui, pour ce qu'il représente, car il doute souvent, et pour l'équipe.

A
titre personnel, c'est vraiment un soulagement de remporter enfin une étape. C'est venu dans la difficulté. Ce n'est pas une étape qui s'est jouée sur un concours de circonstances. C'est donc une grande victoire. J'avais beaucoup d'appréhension tout au long de l'échappée. Beaucoup d'équipes ont roulé, notamment Quick Step qui a couctoute son équipe, les Milram, et Discovery Channel sur la dernière montée. Mathématiquement, c'était difficile d'aller au bout après la perte de trois supers compagnons d'échappée. Au moment de la chute, je me suis dit que le destin était contre nous.

Qu
and j'y repense, je m'aperçois que toutes nos victoires ont toujours été acquises dans la difficulté. Moi, jusqu'au bout, je n'y ai pas cru. On ne peut pas croire à des victoires aussi difficiles. C'est seulement quand Thibault Chatelard m'a donune coupe de champagne à la déviation à l'arrivée, que j'ai compris. Est-ce que c'est ma plus forte émotion? Non, je ne pense pas. En 35 ans de vélo, le moment le plus intense, c'était le titre de champion de France de Thomas Voeckler. On était en difficulà ce moment-là. Ce que j'avais fait depuis 1991 était menacé de mort.

L
e titre de Thomas, c'était comme le vent qui tournait. Ce jour-là, j'ai vraiment craqué nerveusement. Maintenant, j'ai une grande confiance en l'équipe, beaucoup plus que lors de la victoire de Thomas. Aujourd'hui, je suis vraiment fier de moi, d'autant que ce matin, je n'ai pas voulu répondre à la presse, qui me demandait de dresser un bilan de la deuxième semaine, alors qu'elle n'était pas finie. La première avait été bonne, avec beaucoup d'échappées et le maillot à pois de Jérôme Pineau. Ce soir, je peux faire le bilan de la semaine. Elle a éextraordinaire."

R
etrouvez toute l'actualité de l'équipe Bouygues Telecom, sur le site officiel:

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Jean-René Bernaudeau se livre...

# Posté le dimanche 16 juillet 2006 14:30

Classement général après la 14éme Etape

Classement général après la 14éme Etape
Classement général après la 14éme Etape

1 O. Pereiro (ESP) CEI 64:05:04
2 F. Landis (USA) PHO 64:06:33 + 00:01:29
3 C. Dessel (FRA) A2R 64:06:41 + 00:01:37
4 D. Menchov (RUS) RAB 64:07:34 + 00:02:30
5 C. Evans (AUS) DVL 64:07:50 + 00:02:46
6 C. Sastre (ESP) CSC 64:08:25 + 00:03:21
7 A. Klöden (GER) TMO 64:09:02 + 00:03:58
8 M. Rogers (AUS) TMO 64:09:55 + 00:04:51
9 J. Mercado (ESP) AGR 64:10:06 + 00:05:02
10 C. Moreau (FRA) A2R 64:10:17 + 00:05:13
11 Y. Popovych (UKR) DSC 64:10:48 + 00:05:44
12 M. Fothen (GER) GST 64:10:50 + 00:05:46
13 H. Zubeldia (ESP) EUS 64:10:59 + 00:05:55
14 P. Sinkewitz (GER) TMO 64:12:11 + 00:07:07
15 L. Leipheimer (USA) GST 64:12:12 + 00:07:08
16 M. Boogerd (NED) RAB 64:12:27 + 00:07:23
17 G. Totschnig (AUT) GST 64:13:20 + 00:08:16
18 V. Karpets (RUS) CEI 64:13:40 + 00:08:36
19 J. Azevedo (POR) DSC 64:14:15 + 00:09:11
20 F. Schleck (LUX) CSC 64:15:10 + 00:10:06
21 A. Merckx (BEL) PHO 64:15:12 + 00:10:08
22 I. Landaluze (ESP) EUS 64:15:36 + 00:10:32
23 I. Parra (COL) COF 64:15:37 + 00:10:33
24 T. Valjavec (SLO) LAM 64:16:10 + 00:11:06
25 S. Chavanel (FRA) COF 64:16:21 + 00:11:17
26 C. Rinero (FRA) SDV 64:17:51 + 00:12:47
27 P. Caucchioli (ITA) C.A 64:18:08 + 00:13:04
28 M. Bruseghin (ITA) LAM 64:19:40 + 00:14:36
29 C. Vandevelde (USA) CSC 64:20:02 + 00:14:58
30 C. Brandt (BEL) DVL 64:20:36 + 00:15:32
31 B. Salmon (FRA) AGR 64:21:08 + 00:16:04
32 S. Calzati (FRA) A2R 64:21:23 + 00:16:19

33 D. Cunego (ITA) LAM 64:23:05 + 00:18:01
34 F. Vila (ESP) LAM 64:24:09 + 00:19:05
35 D. Arroyo (ESP) CEI 64:24:47 + 00:19:43
36 R. Lobato (ESP) SDV 64:26:58 + 00:21:54
37 M. Rasmussen (DEN) RAB 64:28:30 + 00:23:26
38 G. Hincapie (USA) DSC 64:29:32 + 00:24:28
39 J. Arrieta (ESP) A2R 64:29:56 + 00:24:52
40 P. Fedrigo (FRA) BTL 64:30:41 + 00:25:37

# Posté le dimanche 16 juillet 2006 13:31

Modifié le dimanche 16 juillet 2006 13:42