Etape 12 : Luchon > Carcassonne
Victoire de Yaroslav Popovych
Bravo à Le Mevel pour sa belle échappée en compagnie de Popovych, Ballan et Freire!Dommage qu'il n'est pas remporté cette étape en se jour de 14 juillet!!!!
Pas de vainqueur français en ce 14 juillet à Carcassonne, mais la consécration d'un vrai talent, celui de Yaroslav Popovych (Discovery). L'Ukrainien, trop juste pour le général, a fait preuve de courage et d'orgueil pour réagir lors de la 12e étape. Il s'est imposé devant Ballan, Freire et Le Mével.
La fête est finie. Après les succès de Richard Virenque à Saint-Flour en 2004 et celle de David Moncoutié à Digne l'an dernier, le cyclisme français rêvait d'un troisième 14 juillet victorieux consécutif. Une première depuis la fin des années 60. Le triplé sera donc pour une autre fois et la pluie battante qui s'est abattue dès la fin de cette 12e étape sur Carcassonne, a douché le podium autant que les ambitions tricolores. Le feu d'artifice a été tiré par Yaroslav Popovych, talentueux vainqueur de l'étape la plus rapide de ce Tour de France 2006, à plus de 46 km/h de moyenne.
A la sortie des Pyrénées, on imaginait pourtant que le peloton aurait envie de souffler, histoire de reposer ses jambes lourdes. Un contexte idéal pour une échappée au long cours. Mais rien ne s'est passé comme prévu dans cette étape de transition. Dans la catégorie étape de plat, celle-ci était d'ailleurs plutôt du genre fausse maigre. Et pendant deux bonnes heures, le peloton n'a rien voulu savoir, roulant sur tout ce qui bougeait. Tant pis pour les attaquants, comme David Moncoutié, très actif durant cette partie de manivelles.
Départ frénétique
Il a fallu attendre la mi-course pour qu'un bon de sortie soit finalement accordé à quatre hommes. Les chanceux du jour? Oscar Freire, Alessandro Ballan, Yaroslav Popovych et Christophe Le Mével. Un joli petit groupe, digne d'une classique. Le quatuor n'a jamais bénéficié d'une marge de manoeuvre importante, avec un écart avoisinant les quatre minutes. Si les équipes de sprinters avaient choisi de rouler, leur compte était bon. Mais après un départ aussi frénétique, le peloton n'avait visiblement plus le coeur ni la tête à mener la chasse, autorisant les fuyards à se disputer la victoire.
On aurait aimé que Le Mével puisse tirer son épingle du jeu. Mais le Breton du Crédit Agricole était en trop bonne compagnie vendredi. Dès le déclenchement des hostilités, signé Popovych, il n'a pas pu suivre le rythme. Pour lui, c'était fini. Les trois rescapés allaient ensuite s'expliquer entre costauds. Contraints de lâcher Freire avant le sprint, sous peine de voir l'Espagnol s'offrir à coup sûr une troisième victoire en une semaine, Popovych et Ballan n'avaient d'autres solutions que d'attaquer. Après un sacré bras de fer à coups d'accélérations successives, l'Ukrainien a finalement raflé la mise.
Popovych se replace
On le savait talentueux, on le découvre orgueilleux. Troisième du Giro à 22 ans, meilleur jeune du Tour de France l'an dernier, Popovych est souvent présenté comme nu futur vainqueur à Paris. Gros rouleur, bon grimpeur, il a le potentiel. Mais à 26 ans, il doit encore apprendre. La traversée des Pyrénées a confirmé ses limites actuelles. En s'imposant à Carcassonne, il pourvu sa capacité de réaction. Savoir ajuster ses objectifs en cours de route et s'adapter à la situation, c'est aussi, une forme de grandeur. Il n'y a pas de raison pour que Pop', n'en claque pas d'autres à l'avenir sur le Tour.
Accessoirement, il se replace confortablement au général, où il pointe à présent au 10e rang. S'il passe mieux les Alpes que les Pyrénées, Popovych a encore les moyens d'envisager une place d'honneur sur les Champs. Pour l'équipe Discovery Channel, la soirée de vendredi sera plus douce que celle de la veille. Après la déconfiture pyrénéenne, la journée avait pourtant mal commencé avec les abandons de Paolo Savoldelli et Benjamin Noval. A défaut de posséder les mêmes arguments que les années précédentes, la troupe de Johann Bruyneel a au moins démontré sa faculté à ne pas se laisser abattre. Au fait, pendant ce temps là, Floyd Landis a passé sa première journée en jaune, en toute tranquillité...