Etape 18 : Morzine-Avoriaz > Mâcon
Victoire de Matteo Tosatto
Il était temps ! Vainqueur de la 18e étape à Mâcon vendredi , Matteo Tosatto a offert au cyclisme italien, et à l'équipe Quick Step, leur première victoire sur le Tour 2006. Présent dans une échappée de 15 coureurs, l'habituel poisson-pilote de Tom Boonen a réglé au sprint son compatriote Moreni.
C'est pas tous les jours légende. Au lendemain de la chevauchée fantastique de Floyd Landis, cette 18e étape ne pouvait paraître que fade, même si elle restera savoureuse pour Matteo Tosatto. A la sortie des Alpes, et à la veille du contre-la-montre décisif pour l'issue de ce Tour de France, le peloton en avait plein les cale-pieds. Dans ce Tour de fous, personne n'excluait un nouveau coup de Trafalgar, sous la forme d'une offensive inattendu d'un ténor. Il n'en a rien été. Tout le monde est resté sage, au chaud, et le mot prend tout son sens après cette nouvelle journée par 35°.
L'escapade entre Morzine et Macon n'a toutefois pas été perdu pour tout le monde. Comme toujours depuis 10 ans, la veille de l'ultime chrono a souri à une échappée. Oscar Freire n'ayant pas pris le départ, Robbie McEwen aurait sans doute pu rafler en toute quiétude un quatrième succès en cas d'arrivée massive. Mais l'Australien, comme tout le monde, voulait souffler. C'était donc le jour pour partir devant. Le bon coup s'est formé à un peu plus de 150 kilomètres de l'arrivée, sou l'impulsion de l'intenable Sylvain Calzati qui, lui, en veut encore.
Il était temps
Ils étaient une quinzaine à accompagner le Français de chez AG2R, dont trois autres Tricolores, Jérôme Pineau (Bouygues), Sébastien Hinault (Crédit Agricole) et Benoit Vaugrenard (Française des Jeux). Rapidement, il devint assez clair que l'échappée irait au bout, même si le peloton a maintenu l'écart longtemps autour des trois-quatre minutes. Punis pour ne pas avoir flairé l'attaque décisive, les Saunier Duval ont dû rouler pendant près de cinquante kilomètres, sans jamais pouvoir combler de manière significative le retard du peloton.
Sylvain Calzati fut ensuite le premier à briser l'harmonie régnant en tête de la course. Mais depuis sa victoire à Lorient, il a une pancarte au-dessus de la tête. On se méfie de lui. C'est la rançon de la gloire, et celle du respect. Après une nouvelle tentative infructueuse du duo Leipheimer-Isasi, l'Allemand Ronny Scholz provoqua la cassure décisive, en compagnie des deux Italiens, Matteo Tosatto et Christian Moreni. Le trio n'allait plus être rejoint. Tant pis pour les Français.
Finalement, Tosatto a devancé au sprint ses deux derniers compagnons d'échappée. A deux jours de l'arrivée, il signe la première victoire italienne sur cette édition 2006. Il était temps. Première également pour l'équipe Quick Step, sevré de victoire depuis le départ de Paris, même si Tom Boonen avait porté le maillot pendant quatre jours en première semaine. Mais il manquait un bouquet aux hommes de Patrick Lefevere. Comme un symbole, Tosatto a réussi là où Boonen a échoué. Un Boonen dont il est habituellement le principal serviteur dans les sprints. A 32 ans, le Vénétien s'impose pour la première fois sur le Tour, lui qui s'était déjà adjugé une étape sur le Giro.
