Etape 20 : Sceaux - Antony > Paris
Victoire de Thor Hushovd
Déjà vainqueur du prologue à Strasbourg voilà trois semaines, Thor Hushovd a bouclé la boucle dimanche en remportant la dernière étape du Tour 2006, sur les Champs-Elysées. Le Norvégien a devancé au sprint Robbie McEwen. Floyd Landis, lui, inscrit officiellement son nom au palmarès.
Pour la huitième fois d'affilée, un Américain s'est installé en jaune sur la plus haute marche du podium du Tour de France dimanche. L'affaire était dans le sacre depuis le chrono de Montceau-les-Mines, samedi, et Floyd Landis a donc pu savourer cette ultime journée d'un Tour pas comme les autres. Pour tout ce qui s'est passé avant, mais aussi pendant, l'un n'allant d'ailleurs pas sans l'autre, cette édition 2006 gardera un goût, sinon de renouveau, en tout cas de surprise. L'Américain est le vainqueur logique du Tour de tous les rebondissements.
Sans que l'on sache exactement quoi, et sans que personne ne puisse affirmer sans peur du ridicule que le cyclisme a tourné une sombre page, on a tout de même vu, ou plutôt revu, des images oubliées. Celles d'une vulnérabilité retrouvée, même chez les ténors. La spectaculaire défaillance de Landis à La Toussuire restera incontestablement comme l'image de ce Tour. Elle a rassuré et ne l'a pas empêché de triompher cinq jours plus tard. Mieux, elle fut le détonateur de son sacre, en le poussant à l'exploit dès le lendemain.
Hommages en série
Après trois semaines fertiles en rebondissements, les traditions ont repris le dessus dimanche. La dernière étape n'en est, il est vrai, pas dépourvue, avec son défilé tranquille en banlieue parisienne, son champagne pour le maillot jaune, ses sourires jusqu'aux oreilles, chez les vainqueurs comme chez les autres. C'est l'heure des accolades. L'heure des hommages aussi. A Jean-Marie Leblanc, qui laisse définitivement le Tour derrière lui, après 17 années de service en tant que patron de l'organisation. Christian Prudhomme sera désormais seul aux commandes.
Retraité d'un autre genre, Viatcheslav Ekimov a, lui aussi, eu droit aux honneurs de ses congénères. Le Russe est resté fidèle au Tour presque aussi longtemps que Leblanc, mais dans le peloton. A 40 ans, le papy de Discovery vient de terminer sa 15e Grande Boucle. Preuve de leur admiration, les coureurs avaient décidé de laisser entrer Eki seul en tête sur les Champs-Elysées. Pour lui comme pour les autres, c'était surtout l'heure de savourer aussi, et cette année peut-être plus que les autres, tant le peloton arrive dans la capitale sur les rotules. La faute, en grande partie, à cette chaleur qui n'aura pas quitté les coureurs. A Paris comme ailleurs, il fallait son certificat d'étuve.
Heureusement, le rythme de la der n'est pas des plus frénétiques. On vit d'ailleurs Christophe Moreau et Sandy Casar houspiller gentiment les équipiers du maillot jaune, coupables à leurs yeux d'imprimer un tempo trop élevé dans la première partie de l'étape. Une fois rue de Rivoli, personne ne peut plus se plaindre, et tant pis pour ceux qui ne peuvent pas suivre. Pour tromper la vigilance des sprinters, deux solutions: partir de loin, à plusieurs, ou tenter le coup en force et en solitaire sous la flamme rouge, comme Vinokourov en 2005.
Hushovd a tout connu
Mais Vino n'est plus là et n'est pas Vino qui veut. Dimanche, aucune des deux méthodes n'a fonctionné. Personne n'avait plus la force nécessaire pour forcer la décision. Certains ont bien essayé, comme Yaroslav Popovych ou Jens Voigt, les plus acharnés. Comme presque toujours, les Champs ont eu droit à leur sprint massif. Pour Robbie McEwen, d'ores et déjà assuré du maillot vert, c'était l'occasion d'aller chercher une quatrième victoire, comme Cipollini, Petacchi ou Van Poppel avant lui. Débarrassé de Boonen, Freire et Bennati, l'Australien avait les faveurs du pronostic.
Mais le sprint des Champs ne ressemble à aucun autre. Il faut de la puissance, de la force. Il faut être Thor Hushovd. Malgré une crevaison au premier passage, le Norvégien a survolé ce dernier emballage. Quel Tour pour Hushovd, qui a tout connu. Des victoires, le maillot jaune, un bras en sang... Vainqueur le premier jour du prologue à Strasbourg, le Nordique du Crédit Agricole était encore là, 21 jours plus tard, pour boucler la boucle. Preuve que le Tour est un éternel recommencement. C'est peut-être la morale de l'histoire. Non, tout ne s'est pas fini le 30 juin avec le grand ménage de Strasbourg. Au contraire, tout a peut-être recommencé.
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>>>Départ de l'étape<<<
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